Au Cambodge, les temples d'Angkor souffrent du tourisme de masse et de la pollution.
En effet, jusqu'à 3.000 touristes peuvent escalader chaque jour la colline pour grimper sur les temples déjà fragiles et assister au spectacle du coucher du soleil sur Angkor Vat, tandis que les cars tournent autour de ce qui serait le plus grand édifice religieux du monde, construit comme des centaines d'autres par les rois d'Angkor entre le IXe et le XIVe siècles.
Cet afflux de touristes accélère la détérioration des édifices déjà malmenés par la végétation tropicale envahissante et les pluies de la mousson.
"Personne ne devrait être autorisé à marcher sur des pierres vieilles de mille ans", souligne Jeff Morgan, directeur exécutif du Fonds pour le patrimoine mondial, basé aux Etats-Unis. La limitation du nombre de touristes sur les temples a pris des années de retard selon lui. Le site classé patrimoine mondial par l'UNESCO, et la ville la plus proche, Siem Reap, souffrent du développement anarchique, de la corruption et des projets sans cesse repoussés quant à la meilleure manière de protéger les temples à l'avenir.
Le nombre de touristes est passé de 60.000 en 1999 à 250.000 en 2001, pour atteindre 2,5 millions cette année.
Autre sujet d'inquiétude: la population de Siem Reap, qui devrait doubler pour passer à 250.000 personnes d'ici à 2020. Le pompage non réglementé des eaux souterraines laisse craindre un effondrement du sol sous les temples. Et la ville compte désormais 320 hôtels et maisons d'hôte.
Les défenseurs d'Angkor estiment qu'il est temps de limiter strictement le nombre de touristes autorisés sur le site chaque jour, à l'image de L'Alhambra en Espagne ou du Machu Picchu au Pérou, ou d'imposer le port de chaussons et de délimiter précisément le parcours des visiteurs.
Source : Nouvel observateur

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire